MONSiEUR S'ENdORT

Publié le par MATThiEU MARSAN-BAChERé

Gourgandine en rêve de sang,

à l’heure innocente où je dîne,

j’imagine en rêvassant

une décadente abîme.

 

Gourmand de crime et de sang,

Monsieur s’absente un moment.

J’imagine en l’entendant

une friponne assassine.

 

Le gourdin déformé, rougies les mains

à l’aurore, il rentre sans un bruit.

Il se couche une heure jusqu’au matin

et je hume les dernières vapeurs de la nuit.

 

Le chat du coin de la chambre

veille sur lui dans un fauteuil.

Le Soleil paraît et ambre

l’atmosphère de son linceul.

 

Je me lève.

Il s’enferme en son bureau

où je ne dois prononcer mot.

Debout il écrit ainsi que l’eau coule,

je frémis de le voir si costaud.

Le soir après le souper il sonne,

à son gré, cocher ainsi il me nomme.

Je le traîne alors parmi la foule…

 

Par nuits et ruelles, je suis le bonhomme.

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Publié dans UN MONdE

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